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Agir plus tôt qu’à 4 ans

Publié par Sonia Daly le dans Développement global de l'enfant

D’aussi loin que je me souvienne, jamais une campagne électorale n’a autant parlé de l’importance de l’éducation que la campagne actuelle. Non seulement le sujet de l’éducation est omniprésent dans le discours des politiciens, mais il donne aussi une place de plus en plus grande aux tout-petits. Il y a 10 ou 15 ans, il aurait été complètement utopique de croire que nos aspirants premiers ministres feraient de la petite enfance une de leurs priorités électorales.

Une avancée certaine

Dans l’opinion publique, l’éducation a souvent été désignée comme étant l’affaire des écoles. Bien que l’éducation soit, dans les faits, l’affaire de tous, et plus particulièrement l’affaire des parents, il semble qu’il y ait toujours eu une certaine réserve chez les Québécois et, bien sûr, chez nos politiciens, pour y inclure les premières années de la vie. S’il y a plusieurs réticences à scolariser les enfants dès leur plus jeune âge, il y a consensus sur le fait que les jeunes enfants ont surtout besoin de jouer. Les jeux des jeunes enfants sont d’ailleurs à prendre au sérieux par les adultes : c’est en jouant que les enfants apprennent ce dont ils ont besoin pour bien grandir.

Il est de plus en plus reconnu dans la sphère publique que les premières années de la vie sont cruciales et que nos jeunes enfants ont besoin d’environnements de haute qualité pour bien grandir. Nous sommes aussi de plus en plus nombreux à reconnaître que les problèmes qui nous préoccupent collectivement, comme le décrochage scolaire, prennent souvent racine bien avant l’entrée à la maternelle.

Les faits avant les opinions


Malgré tout, il reste un bon bout de chemin à faire. Maintenant que nous avons reconnu qu’il faille agir tôt chez les enfants, il nous faut certainement réfléchir à des solutions.

Difficile de passer à côté des nombreuses promesses électorales qui visent notamment à implanter, de Gaspé à Hull, de Longueuil à Val D’Or, des maternelles 4 ans ou alors à créer des dizaines de milliers de nouvelles places en CPE.

Plusieurs recherches ont confirmé la qualité du modèle des CPE pour les tout-petits, même si des progrès sont encore nécessaires. Chez les enfants les plus défavorisés, les CPE réduisent considérablement le risque d’être considéré vulnérables dans deux domaines de développement ou plus.

Plusieurs experts québécois se sont aussi intéressés au cas des maternelles 4 ans. Si, d’un côté, il semble que les maternelles 4 ans puissent avoir un certain effet protecteur sur les enfants immigrants de 1re génération, d’un autre côté, il semble que ce type de services rencontre plusieurs défis de qualité, notamment au sujet des ratios enfants-enseignants, de la qualité de l’environnement des classes et de la formation des enseignants.

Des experts internationaux se sont aussi prononcés sur ce genre de questions. Le prix Nobel d’économie James Heckman partageait de nouvelles données permettant de conclure qu’agir dès la grossesse coûterait non seulement moins cher à notre société, mais permettrait surtout d’avoir un effet plus grand sur les enfants. Les bénéfices d’investir aussi tôt serait en fait de 13% supérieurs aux investissements faits uniquement en prématernelle et en maternelle.

Agir encore plus tôt


Malgré plusieurs avancées pour les tout-petits québécois, on dirait que le discours public au sujet « d’agir le plus tôt possible » s’est arrêté à l’âge de 4 ans.
Pourtant, agir tôt veut aussi, voire surtout, dire qu’il faudrait redoubler d’efforts durant la période périnatale. Encore une fois, les évidences neuroscientifiques et économiques sont là : la meilleure période pour faire de la prévention débute dès la grossesse. Il me semble que c’est aussi du gros bon sens, non? Prendre soin des futurs et des nouveaux parents et de leurs nouveau-nés, c’est construire des bases solides pour le futur.

Le Québec peut certainement faire mieux en matière de petits poids de naissance, de prématurité et de césariennes. Les inégalités socioéconomiques ont encore un impact important sur les futurs parents et leurs bébés à naître, malgré plusieurs mesures favorables comme le Régime québécois d’assurance parentale. D’ailleurs, les parents québécois ne sont toujours pas égaux à ce chapitre, puisque les pères ayant des emplois précaires sont encore moins nombreux à avoir recours au congé de paternité.

Et puis, à l’ère où la population se fait vieillissante et où les parents se renseignent de plus en plus via les médias sociaux, les centres de ressources périnatales et les organismes communautaires Famille œuvrant en périnatalité sont souvent le seul soutien qui subsiste pour les familles durant la période périnatale. Pourtant, ce sont des organisations au statut aussi précaires que les nombreux parents qu’elles accompagnent.

Au-delà des débats, tout de même nécessaires, sur les différentes mesures à adopter pendant la période préscolaire, il me semblerait important de ne pas oublier les 1000 premiers jours de la vie. Parce quagir tôt, au final, débute bien avant l’âge de 4 ans.

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