Espace de partage pour l’action
concertée en petite enfance

Avenir d'enfants

Blogue

Bienvenue sur le blogue d’Avenir d’enfants. Cet espace de discussion souhaite interpeller, mobiliser et inspirer ceux qui, jour après jour, par leurs actions, contribuent au mieux-être des tout-petits et de leurs familles (intervenants, accompagnateurs, professionnels, gestionnaires, décideurs ou parents-citoyens).

Des idées pour un Québec fou de ses familles

Publié par Julie Dostaler le dans Mobilisation

Je vous écris ce billet en direct du Sommet de la famille. Plus de 400 personnes passionnées par les questions familiales s’y réunissent cette semaine à l’invitation du Réseau pour un Québec Famille, pour réfléchir, débattre et proposer des idées pour que nous ayons un véritable Québec des familles.

J’ai eu le privilège de m’adresser aux participants lors de l’ouverture de cet important événement afin d’aborder la question des besoins des familles et du soutien que nous pouvons leur apporter comme communauté ou société.

La plupart des décisions importantes que nous prenons au cours de notre vie sont prises en fonction de nos réalités familiales. Choix de carrière, déménagements et milieux de vie, mode de transport ou encore destinations de vacances, toutes ces facettes de nos vies sont influencées par la famille. Ainsi, plutôt que de réfléchir l’organisation de notre société sous l’angle individuel comme nous le faisons trop souvent, nous la repensons dans le cadre de ce sommet en fonction des familles comme moteur de développement économique, en tant que véhicule de transmission de la culture ou encore comme filet social.

Plus particulièrement, je crois que nous devons penser, ou repenser, le soutien aux parents. En effet, en soutenant les parents, nous soutenons non seulement le développement de nos enfants, mais aussi l’économie du Québec et le renforcement de nos communautés. Peut-on penser à un meilleur levier sur lequel agir?

Vous ne serez pas étonnés que je vous dise que soutenir les familles, ça commence dès la grossesse. Il est reconnu que la petite enfance est la meilleure période pour agir dans le développement des individus. J’avancerais de plus que les premières années de parentalité sont tout aussi déterminantes et formatrices. Il est essentiel de soutenir les parents dans cette transition unique vers le rôle parental, tant par l’entourage que par les services aux familles.

Il faut le reconnaître, le Québec en fait beaucoup pour ses familles, et les dernières années nous ont permis de marquer plusieurs grandes avancées. Les pères s’approprient de plus en plus un rôle actif dans l’éducation de leurs enfants. La conciliation famille-travail s’impose comme un incontournable en milieu de travail, bien que beaucoup de chemin reste à faire en cette matière. La prévention en santé, la réussite éducative, le soutien aux enfants et aux familles se planifient de façon concertée entre plusieurs ministères. C’est du jamais vu! Le ministre Fortin a d’ailleurs profité du Sommet hier pour y faire 3 annonces importantes pour les services aux familles.

Je crois cependant que nous pouvons faire un pas de plus pour encore mieux répondre aux besoins des familles aujourd’hui, principalement en brisant les silos entre les services et en assurant l’accessibilité et la qualité des services.

Quelques idées de recommandations

J’ai profité de cette tribune qu’on m’offrait pour mettre au jeu quelques idées de recommandations à cet effet. Les participants pourront se les approprier et en discuter lors des ateliers de travail du Sommet. Je vous en présente ici les grandes lignes.

Tout d’abord, il nous faut établir un continuum de services intégrés et universels entre les différents ministères et organismes offrant du soutien aux familles, dès le début de la vie, en bâtissant des passerelles, par exemple, entre les services de garde, les organismes communautaires, le réseau de la santé et le monde de l’éducation.

Il nous faut miser sur les services de premières lignes pour repérer les vulnérabilités dans le développement des enfants et soutenir les pratiques parentales. Je citerais en exemple les travaux du Groupe de travail montérégien en orthophonie et développement du langage. Cette approche d’orthophonie communautaire permet d’agir et d’outiller les intervenants de toutes les lignes de services à agir en promotion, en prévention, en évaluation et en réadaptation. Les enfants et les familles ont ainsi accès à des activités d’information et de découvertes concernant le langage tandis que les intervenants sont outillés pour repérer rapidement les enfants présentant des difficultés et pour agir sur celles-ci.

Le manque de temps est le principal obstacle dans l’accès aux services nommé par les parents. Les familles profiteraient donc de recevoir le plus de services possible en un seul endroit. Conséquemment, nous devrions soutenir le regroupement de services aux familles, idéalement à proximité des milieux de vie de celles-ci.

Finalement, il aurait été bien difficile de passer sous silence les enjeux liés à la conciliation famille-travail. Si la balle est dans le camp des employeurs pour concrétiser les mesures permettant aux travailleuses et travailleurs de mieux concilier les responsabilités familiales et professionnelles, je pense que nous avons, comme société, la responsabilité de déterminer des normes minimales de conciliation famille-travail et d’offrir aux employeurs l’accompagnement et les mesures incitatives pour permettre d’effectuer cet important virage.

Ce ne sont que quelques pistes de réflexion qui, je l’espère, alimenteront les débats à venir aujourd’hui. Je suis cependant certaine d’une chose: les consensus qui résulteront de ce sommet seront bien porteurs d’avenir pour les familles québécoises. Je sens l’effervescence, l’énergie et la créativité de toutes ces personnes souhaitant travailler au mieux-être des enfants, de leurs parents, de nos aînés et de toutes nos communautés, afin d’imaginer un Québec fou de ses familles!

Commentaires

comments powered by Disqus

Les blogueurs et les blogueuses sont libres de leurs opinions et celles exprimées dans les publications ne prétendent pas refléter les opinions ou les vues d'Avenir d'enfants ou des autres personnes qui contribuent à ce blogue.