Espace de partage pour l’action
concertée en petite enfance

Avenir d'enfants

Blogue

Bienvenue sur le blogue d’Avenir d’enfants. Cet espace de discussion souhaite interpeller, mobiliser et inspirer ceux qui, jour après jour, par leurs actions, contribuent au mieux-être des tout-petits et de leurs familles (intervenants, accompagnateurs, professionnels, gestionnaires, décideurs ou parents-citoyens).

Est-ce que ça prend vraiment un village?

Publié par Sonia Daly le dans Mobilisation

Nous connaissons tous le fameux proverbe africain qui prétend que «ça prend tout un village pour élever un enfant». Gros bon sens pour certains, cliché ou encore vue de l’esprit pour d’autres, qu’en est-il vraiment? Est-ce que ça prend réellement un village pour élever des enfants ou seulement de «bons» parents? Plusieurs recherches se sont intéressées à ces questions et les résultats sont surprenants. S’il semble évident que les parents ont un impact important dans la vie de leurs enfants, il semble également que le voisinage dans lequel vivent les familles et grandissent les enfants joue aussi un rôle de premier plan!

Des communautés tricotées serrées

Que veut-on dire au juste lorsqu’on évoque un village? Si cette question paraît anodine à première vue, elle est pourtant incontournable pour mieux comprendre en quoi le village est si important dans le développement des enfants. Des chercheurs et des praticiens ont longuement étudié la question. Une des hypothèses souvent mises de l’avant est que le village serait primordial parce qu’il génère du capital social. Qu’est-ce que le capital social? C’est une façon un peu compliquée de décrire des ingrédients essentiels pour fabriquer des communautés «tricotées serrées». On distingue généralement 3 grands types de mailles à tisser pour générer du capital social :

  • des mailles de proximité;
  • des mailles élargies;
  • des mailles de connexion.

Les mailles de proximité sont des relations plus étroites, avec par exemple d’autres parents, des voisins, des grands-parents et des amis. Des personnes qui partagent souvent les mêmes valeurs, pratiques et croyances et qui représentent un véritable trésor, car elles donnent un soutien direct aux enfants et aux parents en cas de besoin et leur permettent de se sentir en confiance. Il s’agit de la base du tricot.

Les mailles élargies permettent de créer des ponts entre le cercle d’intimité des familles et d’autres groupes de la communauté, par exemple la Maison de la famille, les activités de loisirs de la municipalité, l’épicerie, le milieu de travail, etc. Ces endroits et ces activités sont des occasions en or pour les parents et les enfants d’explorer différents environnements et de développer de nouvelles relations et de nouvelles compétences.

Enfin, pour que le tricot du capital social forme un tout harmonieux, il est nécessaire de tisser des mailles de connexion qui représentent, par exemple, les tables de concertation où différents acteurs de la santé, du milieu communautaire, de l’éducation, des services de garde, du milieu municipal et des citoyens travaillent ensemble pour faire de la communauté un endroit où les gens se connaissent et savent où trouver ce dont ils ont besoin.

Qu’est-ce que ça change, concrètement?

Plusieurs bénéfices du capital social ont été documentés, tant pour les personnes que pour les communautés. Ainsi, les enfants et les adultes jouissant d’un fort capital social sont généralement en meilleure santé. Ils auraient moins de rhumes et de grippes et les adultes seraient moins susceptibles de développer des maladies chroniques et des problèmes de santé mentale, comme la dépression. Les nouvelles mères et les nouveau-nés présenteraient aussi une meilleure santé pendant la grossesse et après l’accouchement. Le capital social aurait aussi un effet positif sur le sentiment de bonheur des individus, sur leur espérance de vie et aussi sur leur capacité à récupérer après une hospitalisation.

Les communautés ne sont pas en reste. En effet, l’existence d’un fort capital social dans les communautés favoriserait une diminution des activités criminelles, un plus grand sentiment de sécurité chez les citoyens et un plus fort sentiment de confiance entre citoyens. Ces milieux seraient également plus propres et plus profitables en matière d’employabilité et proposeraient davantage d’occasions de loisirs. Enfin, les « villages » tricotés serrés contribuent à ce que les enfants se développent à leur plein potentiel, réussissent leur entrée à la maternelle et, ultimement, persévèrent dans leur cheminement scolaire.

Oui, ça prend vraiment tout un village

Que ce soit la partie de hockey dans la rue que tous les voisins surveillent du coin de l’œil, la caissière du dépanneur qui fait la conversation aux enfants, un vieil homme qui salue un bambin dans sa poussette, un jeune étudiant qui cède sa place à une femme enceinte dans le train, une pharmacienne qui prend des nouvelles du bébé qui vient de naître dans la famille, le coiffeur qui écoute et donne quelques sages conseils à un parent fatigué ou bien l’épicerie qui offre des fruits aux enfants à l’entrée : tous ces gens et tous ces petits gestes comptent. Non seulement ils permettent aux enfants de tisser des liens avec ceux qui les entourent et de découvrir le monde, mais ils permettent aussi de rappeler aux parents qu’ils ne sont pas seuls et qu’ils sont bons dans ce qu’ils font.

 

Dans mon prochain billet, j’aborderai justement la question de la compétence parentale. Quelle distinction fait-on entre le sentiment de compétence parentale et la compétence parentale? Est-ce qu’un parent qui se sent bon est nécessairement un bon parent? Voilà un sujet qui suscite beaucoup de réactions dans la population et qui mérite d’être démystifié.

Commentaires

comments powered by Disqus

Les blogueurs et les blogueuses sont libres de leurs opinions et celles exprimées dans les publications ne prétendent pas refléter les opinions ou les vues d'Avenir d'enfants ou des autres personnes qui contribuent à ce blogue.