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Garçon ou fille, tenir compte des particularités de chacun

Publié par Sonia Daly le dans Développement global de l'enfant

La semaine dernière, le regroupement de partenaires de la MRC des Sources lançait son cadre de référence Mieux soutenir nos garçons. Conçu dans l’optique de mieux répondre aux besoins des jeunes garçons et de se donner des moyens concrets pour réduire l’écart entre les garçons et les filles dans la réussite éducative, la diffusion de ce cadre a suscité énormément de réactions dans les médias et sur les réseaux sociaux. Bien que les avis sur les meilleures façons d’intervenir soient diversifiés, ce lancement a eu pour effet d’initier un débat public sur le développement des enfants, filles et garçons, et de mettre sur la table trois enjeux importants dont il faut impérativement parler.

Des écarts qui commencent tôt, peu importe le sexe

Beaucoup de choses ont été dites sur les garçons dans les dernières années. L’Enquête sur le développement des enfants à la maternelle (EQDEM) révélait entre autres que les jeunes garçons sont presque deux fois plus nombreux que les jeunes filles à présenter des retards de développement au moment de leur entrée à la maternelle. Ils sont aussi généralement plus nombreux que les filles à mettre fin à leurs études secondaires sans diplôme en poche. S’agit-il ici d’un phénomène typiquement masculin? La réalité serait un peu plus complexe. Dans les faits, le sexe ou le genre des enfants expliquent bien peu le décrochage scolaire : le niveau socioéconomique, les habiletés en lecture et en écriture et un sentiment d’appartenance à l’école auraient par exemple un impact bien plus important que le seul fait d’être un garçon. La performance globale des garçons québécois en sciences et en mathématiques est par ailleurs supérieure à celle de la majorité des pays industrialisés. Faut-il donc s’inquiéter du sort des jeunes garçons? Absolument. En fait, il faut surtout s’inquiéter du fait que trop de jeunes enfants, filles et garçons, arrivent à la maternelle avec moins d’outils pour réussir que d’autres enfants.  Il faut s’inquiéter du fléau qu’est la pauvreté infantile et des ravages qu’elle fait sur nos tout-petits, très tôt dans la vie. Et, à l’instar des partenaires de la MRC des Sources, il faut prendre le temps de revoir nos façons de faire pour mieux répondre aux besoins de tous les enfants, en tenant compte des particularités de chacun.

De la qualité avant le rose, le bleu et les jeux de bataille

S’il semble que le coffre à outils des garçons soit moins garni au moment de leur entrée à la maternelle, une étude révélait dernièrement qu’il semble également que les petites filles intériorisent à un très jeune âge l’idée qu’elles seraient moins intelligentes que leurs amis masculins. Cela démontre bien à quel point les enfants, même très petits, intègrent rapidement la conception qu’il y a des différences entre les garçons et les filles, mais aussi à quel point leur développement joue un rôle fondamental dans la construction de l’adulte qu’ils deviendront. Ce que nous construisons avec eux pendant leur petite enfance est de la plus haute importance et devrait toujours être de très grande qualité. Ainsi, se doter d’un cadre de référence pour encadrer les pratiques des intervenants, se réunir entre intervenants de différents secteurs pour réfléchir à des solutions adaptées pour le mieux-être des enfants et mettre au cœur de chaque intervention l’unicité et les besoins particuliers de chaque enfant constituent des ingrédients de qualité. Au-delà du jeu de bataille, qui est un moyen parmi tant d’autres de permettre aux enfants d’explorer leur environnement, de découvrir leur corps et de tisser des relations avec les autres, il y a cette volonté de tenir compte des besoins de chaque enfant, notamment certaines préférences qui peuvent s’exprimer différemment chez les filles et les garçons.

Laissons les enfants être… des enfants

La médiatisation du cadre de référence Mieux soutenir nos garçons a permis de remettre au centre de la discussion le jeu, et plus particulièrement le jeu libre et actif, que ce soient les jeux de chevaliers, de roi de la montagne ou de guerre des zombies. Se préoccuper de l’entrée à la maternelle des garçons et des filles, et de leur réussite éducative et leur bien-être ultérieur ne veut surtout pas dire scolariser les enfants plus tôt en leur apprenant à écrire, à compter ou à lire, alors qu’ils ne sont même pas rendus à ce stade dans leur développement. Les jeunes enfants apprennent d’abord et avant tout en jouant – c’est d’ailleurs la même chose pour les animaux. Les jeux de bataille permettent aux enfants d’être en interaction les uns avec les autres, de travailler en équipe, de se fixer des règles et de les respecter, de mettre en application plusieurs apprentissages qu’ils ont fait, sans oublier de bouger, bouger intensément. Des travaux de recherche révélaient dernièrement que les jeunes Québécois d’aujourd’hui ont perdu en moyenne 10 % de leur capacité cardiorespiratoire par rapport aux jeunes des années 1980. Le coupable? La sédentarité. En sachant que les saines habitudes de vie s’acquièrent également à un très jeune âge, laissons donc les enfants bouger un peu, surtout beaucoup, et passionnément. Laissons les enfants explorer, accompagnons les enfants dans leurs découvertes et acceptons de ne pas nécessairement gérer tous les risques. Laissons les enfants être des enfants.

 Avez-vous pris connaissance du cadre de référence Mieux soutenir nos garçons? Croyez-vous qu'il faut tenir compte des particularités de chacun des enfants, garçons ou filles?  

 

 

 

 

 

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