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Moins de gardiennage, plus d'éducation

Publié par Sonia Daly le dans Petite enfance

La semaine dernière se tenait le premier Sommet sur l’éducation à la petite enfance, qui réunissait des partenaires de différents horizons et près de 1500 participants, présents au Palais des congrès et en webdiffusion. Vingt ans après la naissance de la politique familiale, ce rendez-vous s’est avéré nécessaire pour faire le point sur nos efforts des dernières années pour soutenir les tout-petits québécois, mais aussi pour envisager l’avenir avec aplomb. J’ai eu l’occasion de participer aux riches discussions de cet événement et j’en profite pour vous partager quelques réflexions à la suite de ma participation au Sommet.

Un réseau victime de son succès?

Beaucoup de choses se sont dites pendant les deux journées du Sommet, mais un élément a particulièrement retenu mon attention : la place que le gardiennage occupe encore dans notre discours, au détriment de l’éducation.

Aux origines des centres de la petite enfance (CPE) en 1997, nous avons beaucoup misé sur la conciliation famille-travail pour valoriser et légitimer la création d’un tel réseau de services. Le Québec traversait alors une crise économique et les statistiques d’inscription à l’aide sociale montraient que plusieurs familles sollicitaient l’aide de dernier recours de pères en fils, de mères en filles, plus particulièrement au sein des familles monoparentales. Vingt ans plus tard, le réseau des CPE a plus que livré la marchandise en matière de conciliation famille-travail : 85 % des femmes, dont de nombreuses mères monoparentales, sont actuellement de retour aux études ou en situation d’emploi au Québec, ce qui positionne notre province bien loin devant ses consœurs canadiennes.

S’il est vrai qu’il s’agit là d’un succès retentissant, il est tout de même fascinant de constater à quel point les CPE, et plus largement le réseau des services de garde éducatifs, sont en quelque sorte victimes de ce succès. En effet, dans notre imaginaire collectif et même dans notre vocabulaire, le mot « garde » occupe encore une place de premier plan par rapport à l’éducatif. De la même façon que les pères font bien plus que « garder » leurs enfants, les services de garde éducatifs font également bien plus que du gardiennage : ce sont d’abord et avant tout des milieux de vie où les enfants s’épanouissent.

Au-delà de la plante et de la scolarisation

En matière de petite enfance, il semble parfois qu’il n’y ait pas d’équilibre dans nos perceptions. Nous oscillons constamment entre le gardiennage et la scolarisation.

D’un côté, nous décrivons régulièrement l’enfant comme une éponge qui absorbe les connaissances ou alors comme une plante qui grandit avec un peu d’amour et de magie, et d’un autre, nous sommes tiraillés par la pression de la performance, à vouloir parfois à tout prix faire de nos enfants de petits génies.

La vérité, c’est que les jeunes enfants sont très actifs dans leur développement et qu’armés de leurs cinq sens, ils ont besoin de plus que d’être gardés pour découvrir le monde qui les entoure. La vérité, c’est aussi qu’ils sont fragiles comme de jeunes pousses et que ce n’est pas en tirant sur la tige qu’ils grandiront plus vite et mieux.

Plus que jamais, le temps est venu d’ouvrir le dialogue avec la société québécoise pour discuter de la place que nous souhaitons donner ensemble à nos tout-petits. Le consensus scientifique n’est plus à faire, les constats sont sans appel : la petite enfance constitue une étape cruciale dans le développement humain. À nous de faire les bons choix et de nous montrer à la hauteur de cette question d’importance.

Un maillon important de la collectivité

Que signifie pour nous l’éducation? Chose certaine, elle débute avant même la naissance, avec des parents qui déjà expriment des préférences et font des choix pour leur enfant. L’éducation se poursuit même toute une vie, car qu’est-ce que l’éducation si ce n’est d’accompagner l’humain, le petit comme le grand, dans ses apprentissages? Après tout, nous naissons pour apprendre et ne cessons jamais d’évoluer.

Les services de garde éducatifs sont plus qu’un endroit où déposer les enfants pour nous permettre d’aller travailler : il s’agit bien souvent d’une deuxième famille pour nos tout-petits. Oui, les services de garde éducatifs sont un maillon important de notre société et font partie de nos collectivités en contribuant, avec les parents, les grands-parents, les amis, les voisins, la sage-femme, le pédiatre, l’animateur de la maison de la famille, etc. à offrir des milieux de vie de qualité pour nos enfants.

C’est d’ailleurs à mon sens la signification la plus importante du mot « éducatif » : offrir aux enfants des environnements propices au développement de leur plein potentiel, quel que soit cet environnement et quel que soit ce plein potentiel.

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