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Bienvenue sur le blogue d’Avenir d’enfants. Cet espace de discussion souhaite interpeller, mobiliser et inspirer ceux qui, jour après jour, par leurs actions, contribuent au mieux-être des tout-petits et de leurs familles (intervenants, accompagnateurs, professionnels, gestionnaires, décideurs ou parents-citoyens).

Veiller l’un sur l’autre, pour les 7 prochaines générations

Publié par Sonia Daly le dans Petite enfance

La semaine dernière, dans le cadre du Grand rassemblement pour les tout-petits, nous avons eu l’occasion d’échanger sur les différentes stratégies que nous pouvons mettre en œuvre dans nos communautés pour continuer à faire une réelle différence dans le quotidien des familles et des jeunes enfants. Que ce soit l’accompagnement, le leadership partagé, les politiques publiques, l’utilisation des données, l’influence et la communication, le financement ou alors la participation citoyenne, vous avez été nombreux à partager vos expériences et vos recommandations pour l’avenir.

De ces échanges, il a été possible de tirer plusieurs constats.

Travailler ensemble est essentiel


D’abord, vous avez été unanimes à dire que OUI, ça prend tout un village pour élever un enfant. C’est peut être désormais une phrase clichée, mais elle demeure criante de vérité et plus que jamais d’actualité. Nos vies modernes sont complexes et les problèmes auxquels nous faisons face sont presque toujours interreliés. Lors du panel avec le comité scientifique de l’événement, nous avons d’ailleurs constaté à quel point la santé et le bien-être des enfants est étroitement lié à celui des adultes et des environnements. Sachant cela, travailler ensemble devient absolument essentiel.

Cela dit, travailler ensemble n’est pas toujours facile. Cela exige du temps, beaucoup de temps. On doit réussir à trouver un langage commun, accepter ses propres limites et les limites des autres et se réunir autour de ce qui converge entre nous, au-delà de nos différences.

Il faut faire preuve d’écoute, d’ouverture et de souplesse, parfois même sortir de sa zone de confort. Hier, une conseillère municipale disait dans un atelier qu’il était temps de sortir de l’hôtel de ville et de rencontrer les citoyens là où ils sont. Ce n’est pas toujours évident, car cela implique parfois de redéfinir son rôle et celui de son organisation. Toutefois, les efforts en valent la chandelle puisque bien souvent, cela permet de briser des silos.

C’est pourquoi le travail collectif est si important. Il permet de faire des choses que nous sommes incapables de réaliser seul.

Il faut parfois accepter de commencer petit


Comme l’enfant qui naît et qu’on accompagne dans son développement, le travail collectif exige de la patience et de respecter son rythme de développement. Tirer sur la tige d’une fleur ne l’a jamais fait pousser plus vite. Dans une société de performance comme la nôtre, il faut se rappeler que c’est déjà une victoire d’avoir rejoint 3 parents. Nous serons peut-être tentés de dire : mais 3 parents, ce n’est pas assez, il y a tant à faire! Il faut changer notre façon de voir les choses, et cela s’applique également aux décideurs et aux bailleurs de fonds. Il est plus important de commencer petit, en prenant le temps de connaître les familles, les enfants, les partenaires. À leur tour, ces trois parents, ces nouvelles familles, ces nouveaux partenaires pourront contribuer au bien-être de l’ensemble de la communauté. C’est exactement ça, bâtir un village, finalement: miser sur les forces de tout un chacun.

Le financement, ce n’est pas tout


Vous avez été nombreux à dire: oui, ça prend des sous pour continuer le travail que nous avons fait dans les dernières années. Ça prend un financement sur le long terme, de préférence. Ça prend des bailleurs de fonds qui acceptent de se concerter pour éviter l’hyperconcertation sur le terrain. Moins de temps à démystifier des critères de financement, plus de temps pour travailler ensemble avec la communauté, les familles et les enfants.

Cela dit, vous avez aussi dit que le financement n’est pas tout et que différents acteurs peuvent contribuer à l’essor d’une communauté. C’est le cas notamment des chambres de commerce et des entreprises par exemple, mais aussi, et surtout, des citoyens. Une panéliste a dit qu’une bonne lasagne, des biscuits et le salon de quelqu’un, c’était déjà beaucoup pour réunir des gens et réfléchir à ce qu’on veut faire pour les tout-petits et la communauté.

Il faut du temps, encore du temps


Du temps pour rencontrer les gens, pour s’intéresser réellement à eux, pour tisser un lien de confiance et mettre en commun nos ressources.

Durant le Grand rassemblement, plusieurs d’entre nous avons appris que les communautés autochtones réfléchissaient le futur pour les 7 prochaines générations. Peut-être aurions-nous intérêt à tous réfléchir ainsi? Chose certaine, on peut difficilement agir plus tôt!

7 générations… c’est beaucoup de temps. Le temps qu’il nous faut pour peut-être mettre un peu moins de chiffres, de quotas, de redditions de comptes dans ce que nous faisons, et un peu plus d’humanité; le temps qu’il faut pour se tromper et ajuster le tir, pour apprendre et partager ce que nous faisons, notamment grâce à l’autoévaluation. Apprendre est essentiel pour un enfant, mais aussi pour un collectif qui décide de travailler ensemble.

Il y aurait encore beaucoup à dire, puisque vous avez été tous très généreux lors des ateliers… mais j’ai envie de conclure en ramenant une image qui nous a beaucoup marqué :

Que nous soyons intervenant, professeur, éducatrice, gestionnaire, conseiller municipal, maire, fonctionnaire, ministre ou même représentant de bailleur de fonds, soyons un chanteur corse en chantant en chœur, en s’assurant de garder la main l’un sur l’autre, pour les 7 prochaines générations et celles qui suivront, pour que nos tout-petits d’aujourd’hui soient les chanteurs de chœur de demain.

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